Le monde à travers le viseur de son leica Collège Michel Lotte-Le Palais

Aurélien Cohen est actuellement à Belle-Île-en-Mer, en WWOOFing [2]

Aurélien Cohen, 28 ans, est photographe. Il mêle l’image documentaire à l’écriture philosophique et fictionnelle.
Un début théâtral

Ce photographe a fait une classe préparatoire littéraire puis a étudié 4 ans à l’École Normale Supérieure de Lyon. Sa passion d’alors était le théâtre. Il a d’ailleurs toujours « dans un coin de la tête » l’ambition de devenir metteur en scène. Pourtant, la créativité ne lui semblait pas assez présente au quotidien : « Je ne pouvais pas être dans une démarche de création à chaque instant. »

C’est pour cela qu’en 2011, Aurélien Cohen a décidé d’arrêter le théâtre pour se consacrer à la photographie, qui s’est alors imposée à lui. Il a découvert cette pratique artistique pendant ses études grâce à l’un de ses meilleurs amis qui lui a offert son premier appareil photo et lui en a enseigné les rudiments techniques.

Aurélien Cohen a tout d’abord eu la volonté de faire de la photo d’actualité (il a parcouru l’Asie et les Pays de l’Est) pour la presse. Mais il a vite été déçu. Cela comportait de trop nombreuses contraintes, notamment financières. De plus, les courts délais donnés par son agence restreignaient sa liberté, qu’il voulait créative.
De la photographie documentaire

Il s’est donc dirigé vers une approche plus artistique, qui retranscrit la sensation plus que l’information. « Le terme que je préfère pour qualifier mon travail est celui de la photographie documentaire. C’est-à-dire que je ne suis pas dans un témoignage. » Selon Aurélien, le but de la photo est de faire ressentir la situation à travers l’image. « Je ne veux pas faire passer de message, ce que je veux faire, c’est produire des effets. »

Aurélien Cohen aimerait que ses photos produisent « un effet d’éclairement sur le monde », qu’elles permettent de découvrir « une nouvelle manière de (le) regarder. »

Il est influencé par de très nombreux photographes, peintres, cinéastes, metteurs en scène, mais surtout philosophes. Pour lui, « il faut que les influences nourrissent, pas qu’elles deviennent une fin en soi, mais on ne produira jamais quelque chose de radicalement nouveau. »
Du numérique comme de l’argentique

Aurélien Cohen travaille aussi bien en argentique qu’en numérique, et il choisit la technique en fonction de ses projets. Pour ses travaux personnels et/ou à long terme, Aurélien aime photographier en argentique. Cependant, pour les délais plus courts, il privilégie le numérique. « Si je devais développer, faire mes tirages… je ne serais jamais dans les temps ! »

Aurélien retravaille ses photos après la prise de vue. Il n’est pas d’accord avec le « mythe » autour de la photographie qui dirait que la photo incarne la vérité. À ses yeux, ce n’est qu’une illusion. « On cadre, on choisit une focale, un angle… Même sans Photoshop, on peut très bien déformer, mentir sur une situation. » S’il retravaille ses photos, mais ne les retouche pas, ce n’est pas par tabou : « c’est tout d’abord parce que je ne sais pas bien le faire (!), mais aussi, car pour l’instant ça ne m’apporte rien dans mes projets. Mais ce n’est pas un refus par principe. »
Des projets variés

Actuellement, Aurélien travaille sur un projet qui sera sûrement présenté sous forme de livre. Ce projet mêlant l’image à l’écrit est un questionnement sur le rapport des hommes à la Nature, à l’humanité. L’origine du projet est une hésitation : « Je crois qu’avant, j’essayais de dire des choses que la photographie ne peut pas dire, des choses que diraient mieux la philosophie ou le roman. » Un projet qui lui fera parcourir la France pendant 7 mois grâce au WWOOFing.

Il travaille également sur d’autres projets avec son collectif de photographes, Périscope. Pour lui, l’intérêt de travailler à plusieurs est de pouvoir s’aider, se soutenir, et se motiver. « Je pense que du point de vue de la psychiatrie de l’artiste, le collectif, c’est important ! »

Finalement, l’objectif actuel d’Aurélien est de terminer les travaux qu’il a entrepris jusqu’ici : « Le principal projet de mes projets, c’est de finir mes projets ! »
Contact

Aurélien Cohen : 06 51 41 84 41 / contact@aureliencohen.com / www.aureliencohen.com

Collectif Périscope : www.collectifperiscope.com

[1] Le WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) est une organisation mettant en relation des personnes souhaitant découvrir et participer au monde agricole dans des fermes biologiques.

[2] Le WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) est une organisation mettant en relation des personnes souhaitant découvrir et participer au monde agricole dans des fermes biologiques.